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Vers une stratégie de sécurisation de l’irrigation en Tarn-et-Garonne

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Les pluies de ces derniers jours ne doivent pas occulter un constat bien alarmant qui, d’après le Plan d’adaptation au changement climatique de l’Agence de l’eau Adour-Garonne, estime qu’à l’horizon 2050, il y aura bien un déséquilibre hydrologique important. En somme, nous devons nous préparer à un manque d’eau sur notre territoire.

Rappelons-nous qu’en 2019, c’est dès le 26 juin que les restrictions de prélèvements avaient commencé, accentuées dès le 7 août par des restrictions totales sur tous les cours d’eau. En 2020, le scénario se répétait. En somme, nous devons nous préparer à un manque d’eau.C'est pourquoi le Conseil départemental travaille à l'élaboration d'une stratégie pour la création de retenues individuelles afin de soutenir les étiages et sécuriser l’irrigation.

Aussi soucieux que les 500 agriculteurs concernés par les restrictions, le Conseil départemental se doit d’adopter une stratégie pour la création de retenues individuelles, pour le soutien des étiages et l’irrigation permettant ainsi le maintien du nombre d’exploitations sur le secteur réalimenté avec une augmentation de la surface agricole utile depuis 2008, un diversification des productions, une augmentation de 20% des surfaces de maïs semence et une sécurisation des productions. Cet accès à l’eau permet enfin le maintien d’exploitations de petites tailles.

L’agriculture en Tarn-et-Garonne est un enjeu crucial: nous sommes le 1er producteur national de pommes, melons et fruits frais, le 2e de prunes, noisettes et raisin de table et le 3e de kiwi !

Il faut saisir cette opportunité de pouvoir s’adapter et de sécuriser tant le secteur agricole mais aussi de limiter les pertes de biodiversité. Notre stratégie est de sécuriser l’irrigation et de supprimer les pompages en cours d’eau à l’étiage dès le 1er juin : il s’agit de créer des retenues individuelles n’ayant pas d’impact sur le milieu naturel qui pourraient être financées d'une manière conséquente par l'Agence de l'eau. Les retenues d'une capacité entre 5 000 et 40 000 m3 positionnées hors cours d'eau pourraient être rapidement réalisées contrairement aux grandes retenues collectives dont la réalisation n'est pas encore assurée.

C’est une véritable stratégie que le Département a initié lors d’une réunion jeudi 1er octobre réunissant tous les acteurs concernés par cet enjeu (associations de protection de l’environnement et représentants de la profession agricole) au cours de laquelle il a été proposer de créer une instance de concertation qui aurait pour objectif de gérer l’avancement des projets et d’en assurer leur cohérence et impact au niveau des bassins hydrographiques.

Permettre une irrigation sans restrictions c’est sauvegarder 3 884 exploitations et entreprises agricoles, représentant 3 926 chefs d’exploitation dont 1 098 femmes, 16 011 salariés et de nombreuses entreprises de l’amont et de l’aval (fournisseurs, expéditeurs etc.).